11 juin 2008
Sonic Youth - Dirty Boots
Et soudain d'un passé lointain
Traînant leur sale gueule
Et leurs éternelles Dirty Boots
Surgissent les Sonic pas si Youth
Les voilà qui balancent la purée
Et voilà leur triste noisy-rock
Qui file un électrochoc
À quelques vieilles émotions
03 juin 2007
Archive journal perso #9
Au fond de moi
J'attends la mort
Vécue cent fois
Au fond de toi.
Décembre 1991
Archive journal perso #8
il est trois heures
En plein délire insomniaque
J'ai besoin de toi
Alors je crame des cigarettes
Là-bas
Au barycentre
De mon Triangle des Bermudes
Tu en écrases dur
Dans tes bras, j'avais l'air d'un ange.
Décembre 1991
Archive journal perso #7
Un chat
Noir dans un pré
Vert
Un potiron sur un mur
Une gueule de bois
D'enfer, c'est sûr
En passant
Un enfant sans sa mère
Aboie son indignation
Devant le prix des légumes
Terrain de tous les sports
Du petit purgatoire
Un peu dingue
un jeune sourd
s'ennuie avec un ballon
Gonflé au brouillard.
Archive journal perso #6
je n'aime pas les punaises
Ca pue quand on les écrase.
*****
Une petite fille
Sur son tricycle
Fuit en criant
Le mur du son
D'une guitare
un peu fébrile
un vieux sénile
Sous sa perruque
Hurle à la mort
Les tripes au vent.
*****
Nains ratatinés.
Dans tous mes états d'oubliette
J'incruste la particule du crabe
Sur vos figures de déprime.
J'ai bu ma tasse d'eau misérable.
En guise de prière
Je fais ma révolution trigonométrique
La bouche pleine d'araignées.
la vie est un fléau, ma soeur est un radeau.
*****
Un souffle d'air
Misérable
Répand la poussière
D'une écorce d'amande.
*****
Sur les eaux minérales
D'une mort blanche
Bicéphale
Flotte un embryon d'univers.
Archive journal perso #5
Son nom c'est Absence
Elle m'a cloué à la nuit.
Passe une éternité
Sur ma peau blanche et sale
Mes yeux sont des trous
De balle
De rat, cicatrisés.
Cloué à l'extrême
Idée d'un lit pétrifié
Le visage le ventre et les bras
Aspirés par l'absence.
Mon coeur devint tout sec
Puis il a brulé
Dans sa lucidité je me suis vu
Seul, malade et encombrant
Son univers troublé par la vie.
Archive journal perso #4
Je vivrai immobile
Aplati dans nos projets d'habitation
Je hurlerai au cri d'une enfant
Dans mon imagination qui aura ton visage
Je ne vais pas mourir on s'habitue à vivre
La vie sur les talons
Un parc où j'aurais pleuré mon bonheur en automne
De la couleur de vos petits manteaux
De bon coeur, par défaut
Je donne à ma vie le sens de la douleur.
Décembre 1991
Archive journal perso #3
THE ETERNAL
Lorsque le temps se calme,
Dans la solitude
D'une cigarette,
Derrière un piano au bord des larmes,
J'envisage les murmures universels.
L'univers passe par la mort.
Je me trompe, me dis-je,
Dans l'amour on trouve la mort
Pendue au cri
De notre cordon ombilical.
Je lui file une dernière cigarette,
Elle n'est pas très fière,
ce n'est pas ma mère,
Mais je préfère, me dis-je,
En partant.
Décembre 1991
Archive journal perso #2
Week-end à quatre
Jours, seul
Cuites au marteau
Bref joyeux lundi
Au ralenti
Les semaines de bois
Je me destine à mon desert
Tout blanc.
*****
En vérité
le temps n'est plus
À la nuance
Docteur Jekyll Mister Jekyll
A l'imparfait de l'indicatif
Seuls nous seuls vivrons seuls
La perfection du bruit
Toucher du doigt
Le ventre mou.
*****
J'ai éventré
Mon ventre mou
Et ventre à terre
J'ai déguerpi
De ventre à Mère.
*****
Conditionnel rétro
Actif
La pensée joyeuse
Projective
Amère
Si peu amère.
1991 ou 1992
29 mai 2007
Archive journal perso #1
Je suis un touriste en son pays.
C'était l'après-midi du dernier samedi de février. je retrouvais Arnaud
et son père au pied d'un noyer. Raphaël les avait accompagné. Nous
étions dans cette jungle humide, sous La Combe, au delà des plantations
de sapins. il pleuvait.
Le noyer, dans les cinquante ans, était crevé, on devait l'abattre.
Arnaud et son père s'affairaient. Manifestement, Raphaël se devait
d'aider. Mais bon, on était sur les terres de La Combe. Trente ans
d'inexploitation, la nature avait violemment repris ses droits. À part
une vieille décharge que la végétation avait du mal à digérer, la liane
rampait, grimpait, poussait, à peine une peu plus vite que les acacias
sauvages. Tout ça sur un sol rocheux et caillouteux, glissant en pente raide vers
l'Eyrieux. bref, Raph n'était pas trop à l'aise. Moi non plus. Mais
moi, j'étais bien décidé à juste regarder.
Le mélange de la tronçonneuse était peut-être un peu trop gras, en tout
cas, Gilbert, en équilibre précaire sur une grosse bobine de cable, a fait une profonde
entaille, à trois mètres de haut, sous le départ des branches, dans un
épais nuage de fumée.
Raphaël, manifestement désireux de filer un coup de main, observait.
Moi aussi, j'observais Gilbert et son fils s'activer, sans se presser,
attelés à ce que j'ai toujours eu tant de mal à faire : faire.
Le problème en était à ne pas se prendre la partie supérieure de
l'arbre sur la tronche. Finalement, ils optèrent pour la solution
d'Arnaud, qui proposait de pousser la partie du noyer aux 4/5èmes
décapité, à l'aide d'une perche, jusqu'à ce qu'il cède. Dont acte.
Un jeune acacia, long, droit et mince, promptement coupé et élagué à la
tronçonneuse, fit amplement l'affaire. Après quelques poussées
successives, en rythme avec le mouvement de balancier des lourdes
branches, le haut de l'arbre oscilla de plus en plus, jusqu'à
s'effondrer. Ce fut la pause. Le paquet de tabac d'Arnaud passant de
main en main, chacun se servit, roulat sa clope. On faisait des
commentaires sur le tronc du noyer. Débité à la scie à ruban, on en
ferait des planches. et le reste finirait dans le poêle.
Je remarquais que quand même, nous nous trouvions dans un drôle
d'endroit. Gilbert et Arnaud ne comprirent pas vraiment où je voulais en venir. D'ailleurs,
Gilbert répondit : "ici, c'est chez moi".
Février 93 ou 94